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SUB-01 · Analyse budgétaire

Subsides aux entreprises : savons-nous ce qu’ils produisent réellement ?

Une entreprise wallonne peut aujourd’hui naviguer dans un répertoire de plus de 200 aides publiques.

Investissement, financement, emploi, formation, énergie, environnement, exportation, innovation, recherche, agriculture… Ces dispositifs proviennent de cinq niveaux de pouvoir : Union européenne, État fédéral, Région wallonne, Communautés et Provinces.

Ce constat provient du répertoire officiel MIDAS de la Wallonie. Le problème n’est pas que ces aides existent. Certaines peuvent déclencher un investissement, soutenir l’innovation, permettre une transition technologique ou créer des emplois qui n’auraient pas existé autrement.

Savons-nous lesquelles produisent réellement davantage de valeur qu’elles ne coûtent ?

Plus de 200 aides — 5 niveaux de pouvoir

Union européenne↓État fédéral↓Région wallonne↓Communautés↓Provinces
Plus de 200 dispositifs11 thématiques
Source : MIDAS — Wallonie

Des dispositifs différents peuvent répondre à des besoins différents. La question est de savoir si leur nombre, leur architecture et leurs résultats sont régulièrement réévalués.

Plus de 200 aides : est-ce nécessairement trop ?

Pas nécessairement. Une PME qui investit dans une nouvelle machine n’a pas les mêmes besoins qu’une entreprise exportatrice ou qu’une société développant une nouvelle technologie.

Mais plus le nombre de dispositifs augmente, plus les risques de règles, administrations, formulaires et contrôles différents augmentent aussi. Les possibilités de cumul se multiplient, l’entreprise peine à trouver la bonne aide et l’État à mesurer l’effet global du système.

Le coût ne se limite donc pas à l’argent versé. Il comprend la conception, l’administration, l’attribution et le contrôle. L’entreprise supporte également un coût pour identifier les aides, introduire les dossiers et justifier leur utilisation.

Le vrai sujet : l’additionnalité

Imaginons une entreprise qui prévoit d’investir 10 millions d’euros et reçoit un million d’euros de soutien public.

Si l’investissement n’aurait pas eu lieu sans cette aide, le million public a contribué à une activité supplémentaire. Si l’entreprise aurait réalisé exactement le même investissement, le soutien a surtout amélioré son financement.

Dans les deux cas, les règles peuvent avoir été respectées. Mais la valeur produite pour le contribuable est très différente.

Combien d’activité réellement supplémentaire produit un euro public ?

Cela peut signifier davantage d’investissement, d’emplois durables, de recherche, d’exportations, de productivité ou une réduction mesurable des émissions — selon l’objectif initial du dispositif.

La Wallonie révise déjà certaines aides

Dans son exercice budgétaire 2025, le gouvernement wallon a annoncé :

Ces mesures ne démontrent pas que les dépenses précédentes étaient inutiles. Elles montrent qu’une marge de réexamen et de rationalisation existe déjà.

Les dépenses fiscales doivent aussi entrer dans le débat

Les subsides budgétaires ne représentent qu’une partie du soutien public. L’État soutient aussi certaines activités par des réductions fiscales, exonérations, abattements ou régimes particuliers.

Le SPF Finances publie chaque année l’inventaire des dépenses fiscales fédérales afin d’informer le Parlement de leur coût budgétaire. Il décrit des dérogations au système fiscal général poursuivant des objectifs qui pourraient également l’être au moyen de dépenses directes.

Ces dépenses doivent être analysées séparément des subsides budgétaires. Nous ne les additionnons pas ici.

Quel résultat obtenons-nous en échange de la ressource publique mobilisée ?

Notre proposition : une revue systématique des grands dispositifs

Belgium Together ne propose pas de supprimer indistinctement les aides aux entreprises. Nous proposons d’appliquer une grille commune aux grands dispositifs, de publier les réponses et de programmer leur réévaluation.

Un subside doit pouvoir répondre à 6 questions

COÛTCombien ?
OBJECTIFPourquoi ?
RÉSULTATQu’a-t-on obtenu ?
ADDITIONNALITÉCela se serait-il fait sans aide ?
CUMULQuels autres financements publics ?
RÉÉVALUATIONQuand vérifie-t-on encore son utilité ?

Un principe simple

Un subside n’est pas un gaspillage parce qu’il s’agit d’un subside. Mais il ne devrait pas être considéré comme utile simplement parce qu’il existe depuis longtemps.

Dans un pays confronté à des finances publiques difficiles, chaque grande dépense devrait répondre à une question simple : qu’obtenons-nous réellement en échange ?

Situation de départ → objectif → résultat → écart → correction.

Lorsqu’un dispositif ne produit plus suffisamment de valeur, le réformer, le réduire ou y mettre fin doit devenir possible.

Ce que nous devons encore établir

Nous ne disposons pas encore d’un total national parfaitement comparable de toutes les aides économiques versées en Belgique en 2025. Les définitions et systèmes comptables diffèrent.

Il faut encore distinguer précisément les subventions budgétaires, prêts publics, garanties, prises de participation, réductions de cotisations et dépenses fiscales.

Avons-nous besoin de plus de 200 dispositifs différents, ou pouvons-nous obtenir davantage de résultats avec un système plus simple, plus transparent et régulièrement réévalué ?

Réduire le coût de l’État pour préserver les services de l’État.

Sources officielles

  1. MIDAS — Wallonie
  2. Wallonie — mesures budgétaires 2025
  3. SPF Finances — inventaire des dépenses fiscales fédérales

Belgium Together — SUB-01 — Version 1.0 — octobre 2026

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